Franz Gurtner

Chef, compositeur, peintre (1895-1944)

Franz Gurtner(*) naît à Münich en 1895, l'année - entre autres - du procès d'Oscar Wilde (cf. "Le Portrait de Dorian Gray")' et de la naissance du cinéma.

Fils aîné d'une famille de la grande bourgeoisie catholique, il épouse la harpiste suisse Catherine Henriod, qui lui donnera un fils, Charles Gurtner. (Écoutez  la fameuse "berceuse" composée par Gurtner à l'occasion de la naissance de son fils Charles. Une berceuse qui joue sur les notes C-A-H.E, pour CAtherine HEnriod)

Chef d'orchestre mondialement renommé en son temps, il est aujourd'hui également considéré pour ses oeuvres picturales et ses compositions, avec des partitions comme "Bijoux", "Lesbos", ou encore "Jugement de Pâris". Toutes ses compositions sont écrites sur des textes et des thématiques baudelairiennes.

Lorsqu'il est tué, en 1944, au cours d'un bombardement allié sur Hambourg, il est au travail - d'après certaines sources - sur un opéra inspiré du "Jardin des délices" de Jérôme Bosch.

Une partition qui n'a jamais été retrouvée...

Facsimile d'une affiche du concert création du "Lesbos" de Franz Gurtner à New York. (Coll. Fondation Franz Gurtner)

(*) Les informations biographiques présentées ici correspondent aux éléments connus jusqu'en 2009. Pour les développements actuels de ce projet par Jean-Claude Bossel, voir https://www.jcbossel-creations.com/oeuvres

"Le Jugement de Pâris", Rubens (1639)

LE JUGEMENT DE PÂRIS

Un thème pour toutes les œuvres.

C'est à l'ombre du mythe original grec, l'un des mythes les plus puissants de toute l'histoire de l'Art, que se tissent les nombreux éléments artistiques, réels et fictifs, composant l'exposition. De la création de Didier Mouron ("Jugement de Pâris") à la partition proposée par Jean-Claude Bossel et la Fondation Franz Gurtner, partenaire de la manifestation.

L'installation imaginée par Bernard Novet présente quant à elle les circonstances historiques de la création du "Jugement de Pâris" de Gurtner.

Picasso : "Au bordel, le choix..." (origine inconnue)

Exposé dans l'une des salles de l'Espace Arlaud, ce dessin de Josef Gurtner (le frère de Franz) inspiré d'un croquis griffonné à la hâte au matin du 4 janvier 1942.

L'INSTALLATION "PÂRIS 2005"

Au matin du 4 janvier 1942...

Si l’on sait aujourd'hui que Franz Gurtner a disparu en 1944 à Hambourg dans le bombardement allié qui détruisit la maison de son frère Josef, chez qui il vivait alors reclus et anonyme, les circonstances exactes de son arrestation par la Gestapo en janvier 1942 restent plus obscures. Il n’y a en effet pas eu de rapport officiel de police écrit à cette occasion.

Alerté depuis l’avant-veille par Franz, dont la femme Catherine a disparu depuis quelques jours, son frère le pasteur luthérien Josef Gurtner arrive spécialement de Hambourg en train, et découvre le premier les lieux du drame, dans l’état où la police les a laissés.

Le dessin qu’il en fit plus tard, sur la base d'un croquis effectué sur place à la hâte, semble être une fidèle description de ce qu’il y trouva, même si des adaptations postérieures ne sont pas à exclure.

L'installation de Bernard Novet s'inspire de ce dessin pour recréer l'atmosphère qui devait régner en ces lieux au moment de l'arrestation de Franz, alors au travail sur les dernières mesures de son "Jugement de Pâris"..

Aujourd'hui, la "chambre", comme l'appelle Franz Gurtner dans sa correspondance, existe encore, dans les sous-sols d'une pizzeria.

"La Chambre"

Profanation d'un lieu de création

Le petit local en sous-sol qui sert de bureau à Franz Gurtner, et qu'il appelle "La Chambre" dans ses correspondances, est situé à environ 200 mètres de la maison familiale de Franz et Catherine Gurtner-Henriod à Münich, de l'autre coté de la route.

Il s'agit d'une cave attenante au cellier du restaurant “Gasthof Obermeier”, et qui abrite aujourd'hui un pizzeria de quartier.

L'entrée de la cave, ou "La Chambre", comme l'appelait Franz Gurtner, telle qu'elle apparaît  en 2004 dans les sous-sols en travaux d'une pizzeria de quartier à Münich (Coll. Fondation Franz Gurtner).

Franz y a regroupé ses souvenirs les plus immédiats et de quoi travailler. En ce début d'hiver 1942, il compose son "Jugement de Pâris", qu'il ne pourra jamais terminer.

Au matin du 4 janvier, son frère Josef, arrivé à la hâte de Hambourg, se rend d'abord dans la demeure familiale des Gurtner, puis, l'ayant trouvée inoccupée, il se dirige vers "La Chambre".

Les lieux qu'il découvre alors sont dans l’état présenté ici, selon ses propres croquis et récits.

Des recherches bien plus tardives, menées par la “Fondation Franz Gurtner” (FFG) dans les années 2000-2004, n'ont pas permis de remettre en doute ou de préciser davantage les écrits et dessins de Josef Gurtner.

L'entier du dessin tracé par Josef Gurtner à la suite des quelques croquis effectués à la hâte sur les lieux du drame. (Coll. Fondation Franz Gurtner).

On y retrouve notamment son bureau de travail, jonché de textes et de  partitions diverses (notamment celles du "Parsifal" de Wagner que Gurtner dirigea en 1939 à Bayreuth), des dessins d'artistes amis et, des photos de sa cousine et partenaire artistique Jeanne Baudrier, au milieu d'autres documents éparpillés au sol.

La partition du "Jugement de Pâris", elle, ne sera pas découverte avant plus de 50 ans, au domaine de Mont-Sauveur en Suisse, lors des recherches menées par Me Caroline Sauthier, de la "Fondation Franz Gurtner".

Après réhabilitation, la partition originale fut créée en 2004 au "BFM", le Batiment des Forces Motrices de la ville de  Genève, en première mondiale. Depuis, c'est toute l'oeuvre musicale, mais aussi picturale, de Gurtner qui est en passe d'être redécouverte par le grand public.

Installation Gurtner - le fourneau

D'après la disposition des lieux et l'ameublement, il semble que Franz vit plusieurs périodes relativement longues dans sa "chambre", sans se risquer au-dehors, comme à l'abri des regards. Un fourneau et un garde-manger sommaire en attestent.

D'autres objets plus usuels et communs s'y trouvent également : le vieux costume de scène qu'il portait lors de la première de son "Parsifal" en 1939 à Bayreuth, sa bicyclette, une valise avec quelques vêtements, un harmonium, un gramophone, un lit de camp en fer forgé, éventré, et quelques affaires de peinture.

La documentation importante retrouvée dans les affaires de Franz confirment que celui-ci est resté, malgré son isolement, très attentif aux événements survenus dans son pays depuis le début des années trente : coupures de presse et photographies, billets d'entrée à l'exposition sur l"Art dégénéré", etc... Il a été un témoin privilégié de la terreur qui s'est abattue sur l'Allemagne, comme semblent en témoigner ses souvenirs...

Quelques articles et affichettes artistiques (Fritz Lang, par exemple) suggèrent qu'il se tient aussi au contact avec les acteurs de la création allemande et internationale, et qu'il conserve sans doute de solides amitiés dans les cercles critiques du régime.

La meilleure preuve en est le dossier de notes, croquis et partitions retrouvées au fond d'une armoire à double fond, et qui concernent des projets artistiques sur lesquels il avait travaillé.

(cf., par exemple, "Le Portrait de Dorian Gray", voir affichette de 1938, ci-dessous)

En 2008, au Théâtre Barnabé, Bernard Novet conçoit et met en scène une adaptation du "Portrait de Dorian Gray" d'après Oscar Wilde.

 

Ce spectacle se voudra également un hommage au travail effectué par des artistes allemands d'avant-guerre qui avaient décidé de monter leur propre interprétation du "Portrait", sur une musique de Franz Gurtner.

Visitez la page du "Dorian Gray" de Bernard Novet.

Dans le cadre de l'installation "Pâris 2005", la reconstitution de la "chambre" de Gurtner (ci-dessus) est entourée de reproductions de photographies.

Parmi celles-ci, une "Kundry" inconnue, oeuvre de Jeanne Baudrier, sa cousine parisienne. Cette "Kundry" fut prise probablement lors du casting du "Parsifal" que Franz Gurtner dirigea en 1939 à Bayreuth.

 

En dessous, une autre photo des archives Gurtner, celle de Marianne Brandt, la "Kundry" originale de 1882 lors de la création de l'Opéra.

Correspondances...

D'autres visuels intéressants furent également retrouvés dans la "Chambre". Ils témoignent de l'importante activité créatrice du Franz Gurtner d'avant les années de guerre. Ainsi, cette affiche du concert-création que Franz Gurtner donna au Théâtre de la Citadelle de Lyon en 1936. (À noter que c'est Catherine Gurtner-Henriod, son épouse suisse, qui tient la partition de harpe.)

Installation Gurtner - secrétaire
Installation Gurtner - dégâts
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